Nos comportements en situation de stress sont déterminés par des facteurs inconscients. Voici les conseils d’une coach d’interaction pour régler les situations conflictuelles et agir comme un excellent leader dans vos relations avec les membres de votre équipe.

Dans un article précédent intitulé L’émotion en affaires, c’est payant !, j’ai traité de l’influence de l’émotion dans vos relations avec vos clients. Mais comme dans toute chose, il y a deux côtés à la médaille : l’émotion peut aussi nous coûter cher, surtout dans nos relations avec les membres de notre équipe.

Je coache des entrepreneurs depuis plus d’une décennie et la gestion d’équipe est un thème qui revient constamment. Être un excellent entrepreneur n’est pas synonyme d’être un excellent leader. Alors, comment être un meilleur leader ? Que faire lorsque les relations avec un membre de notre équipe sont houleuses ? Comment rectifier le tir ?

Pour faire toute la lumière sur l’influence de l’émotion dans la gestion de nos relations avec notre équipe, je me suis entretenue avec Mylène Pellerin, coach d’interaction, facilitatrice relationnelle et traductrice humaine. Voici ses conseils.

Sara Gilbert – Quel comportement les gens adoptent-ils naturellement lorsqu’il y a conflit ?

Mylène Pellerin – Face à une autre personne ou à une situation qui nous fait vivre des émotions que je qualifie de lourdes (irritation, déception, frustration, colère, etc.), l’évitement est le comportement qui tend à prendre le dessus.

C’est notre instinct qui dicte ce comportement de « survie émotif ». Avec son modèle du Fight or Flight, Walter Bradford Cannon a bien illustré la façon dont nous réagissons aux dangers physiques. Nous réagissons de la même façon aux dangers psychologiques. On cherche à se retirer pour se protéger de la situation ou de la personne qui a généré des émotions lourdes. C’est notre mode flight qui nous dicte alors ce comportement.

S.G. – Donnez-nous des exemples de comportements d’évitement.
M.P. – Le comportement d’évitement est souvent inconscient au départ. Ça peut pendre un moment avant de se rendre compte qu’on fait de l’évitement.

Voici trois types de comportements qui indiquent que vous faites de l’évitement :

  1. Changer vos habitudes
    Ce premier type est le plus courant et le plus facile à remarquer. Vous savez que vous adoptez un comportement d’évitement lorsque vous :
  • prenez vos pauses café à une heure différente pour être certain de ne pas croiser une personne ;
  • faites un détour lorsque vous allez à un rendez-vous, en utilisant les escaliers plutôt que l’ascenseur, par exemple ;
  • dînez à votre bureau ou à l’extérieur pour éviter la salle des employés.
  1. Couper le contact visuel
    Lorsqu’on essaie d’éviter une personne, on essaie aussi de ne pas la voir ; elle « existe » moins. Certains contextes requièrent que l’on regarde les personnes dans les yeux, d’autres non :
  • Dans une rencontre d’équipe, vous allez choisir de regarder les autres plutôt que la personne que vous évitez.
  • Si vous croisez la personne dans le corridor, vous la saluerez sans la regarder directement dans les yeux.
  • Si vous voyez la personne dans un endroit public, vous allez tout simplement regarder ailleurs.
  1. Réduire la communication
    Quand une situation ou une personne nous affecte, nous voulons nous en éloigner. En comportement d’évitement, vous allez délibérément choisir de :
  • ne pas répondre au téléphone ;
  • ne pas répondre à ses courriels ;
  • reporter une rencontre.

S.G. – Qu’est-ce que ça fait aux membres de notre équipe ?
M.P. – Nous adoptons tous le comportement d’évitement dans certaines situations qui nous posent un défi. Par contre, en tant que leader, vos équipes en souffrent davantage.

Voici trois aspects clés de votre rôle de leader auxquels vous nuirez si vous n’apprenez pas à gérer votre comportement d’évitement :

  • Confiance : Les membres de votre équipe ne croiront plus que vous avez la solidité nécessaire pour faire face aux situations difficiles et les protéger.
  • Crédibilité : Vous serez considéré comme un bon gestionnaire, mais pas comme un bon leader, car vous n’avez pas l’assurance d’aller vers ce qui est plus difficile pour vous.
  • Engagement : Les gens de l’équipe seront moins portés à vous suivre et à se laisser guider par vos paroles et vos actions, puisque vous ne les inspirez pas.

S.G. – Comment faut-il plutôt réagir ?
M.P. – Pour corriger son comportement d’évitement, il faut suivre ces quatre étapes :

  1. Repérer les personnes ou les situations qui vous placent en position d’évitement.
  2. Observer et reconnaître vos comportements d’évitement pour améliorer vos habitudes ;
  3. Transformer l’évitement inconscient et passif (subir une situation) en évitement conscient et stratégique (se préparer à la confrontation) ;
  4. Apprendre à affronter la situation conflictuelle avec calme et respect.

S.G. – Quelle est la plus grande difficulté pour sortir du comportement d’évitement ? 
M.P. – Le secret, c’est de choisir de travailler sur soi, ce qui demande temps et énergie. Cela demande également de s’observer dans un contexte où l’on est plus vulnérable et moins outillé. Ça requiert donc de l’humilité et de l’honnêteté.

Mais comme je dis toujours à mes clients : il s’agit de faire un pas en arrière pour se remettre en question et deux pas en avant pour changer !

Mylène Pellerin
Mylène Pellerin a 10 ans d’expérience en communication en entreprise, plus spécialement en accompagnement stratégique, coaching et intervention en gestion de conflit. En tant que coach d’interaction, elle aide les dirigeants à gérer leurs problématiques de communication et de collaboration en milieu de travail. www.coach-interaction.com

 

 

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